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Les effectifs des médecins libéraux devraient baisser de 25% d’ici 2025


Les effectifs des médecins libéraux devraient baisser de près de 25% d’ici 2025, selon les projections publiées vendredi par leur caisse de retraite, qui a tiré la sonnette d’alarme sur une "catastrophe sanitaire à venir". De 127.021 médecins libéraux en 2006, on devrait tomber à seulement 96.028 en 2025, soit une chute de 24,4%, a annoncé Gérard Maudrux, président de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) lors d’une conférence de presse.

En matière de démographie médicale, les rapports se suivent et se ressemblent. En octobre, c’est le Conseil de l’Ordre des médecins qui avait lui aussi alerté sur la gravité de la situation. La densité médicale, qui est actuellement de 339 médecins (libéraux plus hospitaliers) pour 100.000 habitants, devrait chuter à moins de 280 vers 2025, a-t-il averti.

Consciente du problème, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a engagé une concertation sur la démographie médicale avec les syndicats de médecins libéraux, mais celle-ci porte essentiellement sur la pénurie de praticiens en zone rurale.

"Pendant 15 ans, on va avoir un trou pour lequel on ne peut plus rien faire", a prévenu Gérard Maudrux, compte-tenu de la durée des études médicales, et de l’âge moyen d’installation des médecins libéraux (37 ans), en insistant sur une véritable "catastrophe sanitaire à venir".

La faute à la "très mauvaise gestion démographique des médecins", a-t-il expliqué, "avec un numerus clausus (nombre des étudiants autorisés en études de médecine, ndlr) qui a été beaucoup trop bas dans les années 80 et 90".

Pendant les années 80, moins de 5.000 étudiants étaient autorisés à faire des études de médecine chaque année, et ce chiffre est même tombé sous les 4.000 pendant les années 90, contre plus de 8.000 dans les années 70. Depuis 2000, le numerus clausus, fixé par le gouvernement, a été considérablement augmenté et atteignait 7.000 en 2006, mais il faudra attendre 10 à 15 ans avant d’en ressentir les effets.

"Pendant des années, on a empêché nos enfants de faire des études de médecine, et on est maintenant obligé de faire venir des médecins de l’étranger", a déploré Gérard Maudrux, chiffrant aux environs de 10.000 les médecins étrangers qui travaillent en France pour pallier les pénuries déjà existantes.

Selon les chiffres publiés par la Carmf, la baisse des effectifs de médecins libéraux observerait la même tendance entre les généralistes (-24,9%), qui passeraient de 68.319 à 51.312, et les spécialistes (-23,9%), qui passeraient de 56.564 à seulement 43.058.

Les spécialités les plus touchées seraient les gynécologues, dont le nombre devrait chuter de 35% et les psychiatres, de 29%. A l’inverse, les anesthésistes progresseraient de 29%, les chirurgiens libéraux de 25% et les pédiatres de 19%.

Il va falloir "réfléchir sans délai à un rééquilibrage des filières de spécialités", qui sont proposées aux étudiants en médecine souligne la Carmf, pour enrayer ces futures disparités.

Autre conséquence de cette forte restriction des étudiants en médecine : le corps médical a considérablement vieilli depuis une dizaine d’années, indique l’étude, avec un âge médian qui est passé de 41,4 ans en 1991 à 50,9 ans en 2006.

La profession s’est également largement féminisée, la part de femmes chez les médecins libéraux étant passée de 22% en 1991 à 30% aujourd’hui. Chez les jeunes praticiens qui se sont installés en 2006, la part de femmes atteint même 46%.

AFP

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