La Cnam intensifie sa lutte contre la surconsommation de médicaments
La Caisse nationale d’assurance maladie poursuit sa lutte contre la consommation excessive de médicaments et notamment les antiulcéreux, qui figurent parmi les médicaments les plus remboursés par la Cnam. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), représentent à eux seuls plus d’un milliard d’euros en 2005, soit une augmentation de plus de 75% depuis 2000.
C’est beaucoup trop, a estimé, ce matin, Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Cnamts et de l’Uncam. « Plusieurs études médicales récentes démontrent qu’une partie des antiulcéreux est prescrite dans des situations qui ne le justifient pas ». La première étant l’association d’IPP avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains). « Elle ne doit pas être automatique chez les patients de moins de 65 ans sauf si ces derniers sont exposés à des risques de complications », rappelle le professeur Hubert Allemand, médecin conseil national. La seconde, à l’occasion du traitement de la dyspepsie fonctionnelle, une douleur chronique ou récurrente localisée au niveau de l’abdomen. Sachant qu’un tiers des médecins généralistes sont à l’origine de 70% des prescriptions des IPP et qu’il existe de sérieuses disparités entre les régions, la Cnam a entamé, cette année, une vaste campagne d’information pour inciter les professionnels de santé à une meilleure utilisation de ces antiulcéreux avec l’objectif de parvenir à une baisse de 2% pour cette année et de 3% en 2007. Parallèlement, la Cnam intensifie sa campagne pour la prescription de médicaments génériques. L’objectif national : un taux de 70% de médicaments génériques prescrits dans le répertoire, fixé en début d’année, est en passe d’être atteint.
La campagne d’information menée de façon intensive et ciblée dans tous les départements a porté ses fruits. Quatre départements (Paris, Haut de-Seine, Alpes Maritimes et Alpes de Haute Provence) ont atteint leur objectif, 17 n’en sont plus loin et 18 autres doivent fournir encore de gros efforts. Des pharmaciens-conseils de l’Assurance maladie rencontrent actuellement les responsables des 650 officines (20 000 en France) des départements qui ont les taux les plus faibles. Il faut savoir qu’un point gagné sur le répertoire représente une économie de 15 millions d’euros.
Des chiffres que la Cnam rêverait d’atteindre également avec les antibiotiques. La France se situe en effet parmi les plus gros consommateurs en Europe : plus de 30 doses journalières pour 1000 personnes, soit deux fois plus qu’en Allemagne et au Royaume-Uni et trois fois plus qu’en Hollande, souligne le directeur de la Cnam.. Une étude a d’ailleurs permis de démontrer une augmentation de 33% de la consommation entre l’été et l’hiver. D’où le retour des campagnes de sensibilisation en télé et radio visant à démontrer que l’antibiotique qui n’agit que sur les bactéries n’est pas obligatoire pour soigner des bronchites ou des rhinopharyngites, d’origine virale.