Premier recours via le pharmacien : une efficience démontrée

Une étude universitaire écossaise démontre l’efficience du traitement d’affections mineures par les pharmaciens d’officine :

–  coût de 29,30 livres à la pharmacie, 82,34 livres avec un généraliste et 147,09 livres aux urgences ;

–  2,9 % des recours aux urgences et 5,5 % des consultations de généralistes sont concernées par l’alternative pharmacie.

L’étude s’appuie notamment sur un suivi de cohorte de 377 patients ayant eu recours aux trois alternatives pour une des quatre pathologies : douleurs musculosquelettiques, inconfort de l’œil, perturbations gastro-intestinales, encombrement des voies respiratoires supérieures.

L’étude fait la promotion d’un programme national du NHS Scotland déjà existant : le « MAS ». Le potentiel d’économies en cas d’extension totale à l’Angleterre est évaluée à 1,1 milliard de livres par an pour le NHS (pour 53 millions d’habitants).

En Ecosse, le « minor ailment service/scheme» (MAS) permet la « consultation » et la «prescription » par le pharmacien des médicaments en prescription médicale facultative. Les classes thérapeutiques retenues et les produits remboursables rendus remboursables via ce programme sont établis par région. Cela permet de l’adapter notamment en fonction de la difficulté locale d’accès aux médecins (les 11 listes locales en Ecosse (5 millions d’habitants).

Dans le cadre du MAS, le patient doit être enregistré dans une pharmacie pour y bénéficier de ce programme. Les patients éligibles sont notamment les moins de 19 ans, plus de 60 ans, les femmes enceintes, les chômeurs. Le pharmacien reçoit un honoraire à la capitation par palier selon le nombre de patients (pas de lien avec le nombre de médicaments). Par la dégressivité des paliers, il y a une incitation à enregistrer un nombre limité de patients.

Le pharmacien contractant est remboursé avec des limites de prix pour certains produits en plus des limites sur le choix des produits.

Le pharmacien envoie une prescription électronique comprenant une déclaration du patient lui permettant l’exonération du paiement du montant forfaitaire (type franchise).

Les représentants médicaux écossais ont réagi positivement à ce parcours de soins via la pharmacie. Le représentant des médecins généralistes : « il était sensible que les pharmaciens d’officine, et non des généralistes sur tendus (« over-stretched »), puissent être le premier point d’appel pour les affections communes. Un tel mouvement ferait descendre la pression des demandes de rendez vous et laisserait plus de temps aux médecins pour traiter les consultations plus complexes ». Pour le représentant de la médecine d’urgence : reconnaitre que les patients peuvent utiliser les qualifications et l’expérience des pharmaciens pour les affections mineures serait un pas important vers la juste utilisation du recours aux urgences.

Résumé de l’étude (presse)

Rapport final

Leaflet pour les patients sur MAS

Publication 3 décembre 2014 par USPO