Patients sous AVK : les entretiens pharmaceutiques sur le terrain

Les pharmaciens se sont lancés avec succès dans l’accompagnement des patients sous AVK. Trois pharmaciens partagent leur expérience des entretiens pharmaceutiques dans Officines Avenir n°7 de mars 2014. Extraits de leurs interviews.

Officines Avenir : Pour quelles raisons avez-vous mis en place les entretiens pharmaceutiques pour les patients sous AVK ?

Bruno Julia, pharmacien d’officine dans la Haute-Garonne : L’accompagnement des patients sous traitement AVK est devenu un service que nous devions apporter à nos patients. Nous avons lancé l’accompagnement dès qu’il a été officialisé.

Véronique Rigaud-Jury, pharmacien d’officine près de Chambéry : La mise en place de ces entretiens pharmaceutiques a été motivée par un besoin spécifique de la population. Début 2013, le seul laboratoire de biologie médicale de la commune a été vendu et, pendant la phase de transition, de nombreux patients ont allongé leurs délais de contrôle entre deux INR. Nous nous sommes alors rendu compte que ces patients ne savaient pas pourquoi ils prenaient tous les jours leur traitement et ne connaissaient pas ses effets sur leur organisme. Dès que cela a été possible, nous avons mis en oeuvre cet accompagnement qui répondait à ces besoins.

Catherine Hourtiguet, pharmacien d’officine dans la banlieue de Bordeaux : J’avais été sensibilisée à cette future mission par l’USPO. Je m’intéresse aussi beaucoup à la formation et à l’acquisition ou au renforcement de nos compétences. Mettre en oeuvre ces entretiens pharmaceutiques était logique !

 

Ces entretiens apportent-ils réellement une valeur ajoutée aux patients ?

Bruno Julia : Bien souvent les patients savent pourquoi ils prennent leur traitement, mais ne connaissent pas vraiment les risques liés à ces médicaments et les interactions médicamenteuses possibles. Par exemple, ils n’ont aucune connaissance des symptômes hémorragiques. Ils ne savent pas non plus la démarche à adopter en cas d’oubli de prise. Peu de patients ont un carnet de suivi avant l’entretien. En revanche, ils effectuent plutôt bien leur suivi biologique.

Véronique Rigaud-Jury : Les patients sont contents de pouvoir s’exprimer en face-à-face avec le pharmacien dans un bureau, en-dehors du comptoir. La remise du carnet de suivi lors du premier entretien est essentielle. Il me permet en outre de discuter sur la base du dernier INR réalisé et donc de demander au patient comment il s’est à nouveau organisé avec son traitement.

Catherine Hourtiguet : Les entretiens ont permis de constater que les patients n’avaient jamais entendu parler du carnet de suivi, alors que leur INR était suivi régulièrement. Ils permettent aussi de bien informer les patients qui ont parfois des fausses idées, par exemple sur les interactions alimentaires. Certains se privaient de certains aliments qu’ils pouvaient tout à fait manger !

 

Quel bilan tirez-vous aujourd’hui ?

Bruno Julia : Ces entretiens sont enrichissants. Ils permettent d’avoir un nouveau contact avec le patient. Ils créent plus de confiance envers le pharmacien et plus de proximité envers les patients. Un seul regret : le taux de recrutement a été plus faible que ce que nous espérions.

Véronique Rigaud-Jury : Nous ne reviendrons pas en arrière, c’est une chance incroyable pour les pharmaciens et les patients. Qualitativement, cette nouvelle mission est très positive. Je pense qu’il est de notre rôle d’impliquer davantage les patients dans leur traitement, de les informer et de détecter leurs difficultés dans le but d’améliorer leur sécurité, leur prise en charge et la coordination des soins si besoin avec les autres professionnels de santé.

Catherine Hourtiguet : Le bilan est positif, même si le recrutement des patients n’est pas simple et que ce service nécessite un réel travail. Cet accompagnement renforce aussi nos compétences et nos liens avec les patients.

Lire l’intégralité de l’article dans Officines Avenir mars 2014 (pages 8 et 9)

Publication 13 mai 2014 par USPO