Le bilan de spirométrie devient une technique d’analyse des patients asthmatiques

1. En Australie, une étude a évalué la fiabilité et l’utilité d’un spiromètre utilisé par les pharmaciens d’officine. Cette utilisation s’intégrait au programme rappelé ci-dessous (voir 2.).

L’enregistrement des données de spiromètres portait sur 892 patients pour 2593 ateliers dédiés dont 68,5 % avec des mesures sur trois critères de mesure.

Les résultats sont favorables à deux niveaux :
– Les patients recrutés en officine ont plus d’obstruction pulmonaire comparés à ceux testés chez leur médecin.
– La progression des résultats est significative sur trois critères de mesure : Forced Expiratory Volume (FEV), FEV/Force Vital Capacity, le contrôle de l’asthme.

Selon les auteurs : « Les pharmaciens sont capables de réaliser sérieusement les bilans de spirométrie liés aux guidelines ERS/ATS (European Respiratory Society and American Thoracic Society). Des améliorations significatives dans les obstructions des voies aériennes ont été démontrées avec les services pharmaceutiques. Les pharmaciens ont interprété les résultats des fonctions pulmonaires pour identifier les obstructions des voies aériennes comme référence, en faisant une technique d’analyse des patients asthmatiques ».

Source de l’étude : http://informahealthcare.com/doi/abs/10.3109/02770903.2015.1004684
2. Le programme d’entretien aux patients asthmatiques en Australie (PAMS)
Depuis 2009, les pharmaciens d’officine australiens effectuent des entretiens pour les patients asthmatiques via un programme nommé Pharmacy Asthma Management Service (PAMS).
Les pharmaciens doivent suivre une formation de deux jours sanctionnés par un examen écrit et une évaluation sur la maîtrise de la spirométrie.
Ils disposent d’une checklist d’interventions possibles regroupée sous 9 thèmes : l’éducation de l’asthme, l’exploration des préférences du patient, la sécurisation du traitement, l’adhésion au traitement, le retour d’information aux prescripteurs, les facteurs de déclenchement, le plan d’action écrit au patient, le conseil d’utilisation des dispositifs médicaux, la spirométrie.
Une étude menée avec trois universités, publiée en mars 2015 porte sur les thèmes les plus fréquents effectués par les pharmaciens avec 570 patients ayant suivi le PAMS:
o Le conseil sur les facteurs de déclenchement, le bénéfice de prendre son traitement préventif sont délivrés à la majorité des patients à chaque visite. Les mêmes interventions sont requises même après plusieurs entretiens « Cela suggère que les pharmaciens perçoivent que les patients demandent que ces problèmes soient revisités et renforcés une fois supplémentaire ».
o La démonstration des dispositifs médicaux est très fréquente en première visite (> 80 %) et moins lors des visites suivantes. Sur la période de l’étude, il y a une amélioration significative des techniques d’inhalation pour tous les dispositifs testés.
o L’appropriation du plan écrit de soins est évaluée à 56 % des patients à la fin de l’étude alors que seulement 19 % en suivait un avant l’étude.
o Les retours d’information aux prescripteurs sont le thème le moins fréquent. « Les pharmaciens habilités par leur formation ont voulu prendre leur responsabilité dans le domaine de leur expertise ».
o De nouvelles interventions apparaissent comme les problèmes de rhinite, la clarification des différences entre traitements de crise et préventif, l’auto surveillance du peak flow. Selon les auteurs de l’étude, c’est le signe que les réflexions des pharmaciens doivent être une part du service et sont capables de l’améliorer. « Il semblerait que la formation ait émancipé les pharmaciens pour « aller hors des sentiers battus » » (« to think outside the box ») si la situation le demande.
« Bien qu’il puisse être argumenté que les interventions délivrées étaient seulement le jugement des pharmaciens sur les besoins des patients, c’était un intermédiaire de mesure de la demande de soins du patient, du volume impressionnant des interventions pharmaceutiques délivrées clairement par le fait de la demande non satisfaite des patients asthmatiques dans la médecine de ville ». Ce constat des auteurs est dressé « malgré l’investissement massif pour les incitations des professionnels de santé et en faveur de la santé publique par le gouvernement australien ».
Source : “An exploration of clinical interventions provided by pharmacists within a complex asthma service “ Pharmacy Practice mars 2015, Kate S. LEMAY, Bandana SAINI, Sinthia BOSNIC-ANTICEVICH, Lorraine SMITH, Kay STEWART, Lynne EMMERTON, Deborah L. BURTON, Ines KRASS, Carol L. ARMOUR.

Publication 1 septembre 2015 par USPO