De nouvelles « activités » pour les pharmaciens du Canada

Les pharmaciens du Québec peuvent désormais légalement prolonger une ordonnance, ajuster le dosage, la quantité ou la posologie d’une ordonnance à des fins d’atteinte de cibles thérapeutiques, prescrire un médicament lorsque aucun diagnostic n’est requis et prescrire un médicament pour des conditions dont le diagnostic et le traitement sont connus.

La loi 41 entrée en vigueur le 20 juin 2015 permet à tous les pharmaciens du Québec  d’exercer ces « nouvelles activités ». Pour exercer certaines d’entre elles, les pharmaciens doivent avoir suivi une formation.

Source : http://www.opq.org/fr-CA/grand-public/nouvelles-activites-des-pharmaciens/comprendre-les-nouvelles-activites/

Par ailleurs, deux études scientifiques venant d’être publiées et portant sur des pratiques expérimentales démontrent le dynamisme des innovations en organisation de la santé.

  • Au Québec, une étude en cours mesurera l’efficacité d’intervention du pharmacien vers le patient et le prescripteur sur l’arrêt de traitements inappropriés aux personnes âgées.

Le programme est intitulé par l’acronyme D-PRESCRIBE  “Developing Pharmacist-led Research to Educate and Sensitize Community Residents to the Inappropriate  prescription Burden in the Elderly “.

Il s’agir d’un suivi sur 1 an des personnes âgées visant à la « dé-prescription » des traitements considérés comme inappropriés. Il s’effectue sur 4 classes thérapeutiques de patients chroniques : hypnotiques, anticholinergiques, diabète (chlorpropamide ou glyburide) et anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Le pharmacien remet …

… Au patient :

  • une brochure d’éducation avec des mentions manuscrites
  • une lettre expliquant la raison de l’intervention
  • un fascicule l’invitant à programmer une consultation médicale

… Au prescripteur :

  • l’envoi du matériel d’éducation et de l’opinion pharmaceutique liés au patient
  • des exemples d’opinion pharmaceutiques basés sur les faits, et préalablement mis à disposition par une équipe de chercheurs

Les indicateurs portent sur les arrêts de traitements inappropriés, l’effet de l’opinion pharmaceutique sur le comportement du prescripteur, les rencontres médecins/patients pour discuter des prescriptions inappropriées, l’habilité du patient à changer de médication.

Pour les auteurs de cette étude en cours : « notre espérance ici est de démontrer la valeur ajoutée d’utiliser les pharmaciens comme vecteur bidirectionnel des connaissances basées sur les faits pour conduire la réduction des prescriptions inappropriées ». « L’utilisation d’opinions pharmaceutiques basées sur les faits visent à catalyser et appuyer les pharmaciens et médecins en leur fournissant les outils appropriées et l’information pour influencer positivement et encourager les patients pour initier la dé-prescription. » « Cette approche éducationnelle tripartite aux pharmaciens, médecins et patients vise à réaliser un impact synergique. »

Source http://www.trialsjournal.com/content/pdf/s13063-015-0791-1.pdf 

  • Dans l’Alberta, une étude évalue le pharmacien-prescripteur dans l’amélioration de la pression artérielle.

Des pharmaciens ont effectué un suivi mensuel de 248 patients  sur six  mois comprenant l’évaluation de la pression artérielle et des risques cardiovasculaires, l’éducation sur l’hypertension, la prescription.

La réduction de la pression systolique était de 18,3 points pour le groupe intervention contre 11,8 dans le groupe contrôle. Selon les auteurs, « le pharmacien-prescripteur pour les patients avec de l’hypertension aboutit à une réduction cliniquement importante et statistiquement significative de la réduction de la tension artérielle. Les pouvoirs publics devraient considérer un rôle étendu pour les pharmaciens incluant la prescription, pour adresser le fardeau de l’hypertension« .

Source : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26063762

Selon le rapport Berland remis en 2005 au Ministère de la Santé en France, « la province de l’Alberta est souvent citée comme le modèle d’une approche intégrée très complète, mettant en œuvre des moyens importants et des démarches novatrices. L’ensemble des politiques est élaboré et géré par un organisme indépendant, le Rural Physician Action Plan. En Alberta plus de la moitié des médecins en milieu rural sont recrutés à l’étranger. »

Source : http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_berland.pdf

Canada Nouvelles activites pour les pharmaciens

Publication 10 juillet 2015 par USPO